Ce qui change vraiment au collège, et ce qui a seulement été annoncé

Trois mesures ont changé le collège depuis 2026, et une quatrième n’a jamais été écrite. Le brevet se calcule autrement, le téléphone reste rangé du matin au soir, la classe prépa-seconde est devenue permanente ; en revanche, l’obtention du brevet ne commande toujours pas l’entrée en seconde, malgré une annonce ministérielle largement reprise. Cette page trie les deux catégories, texte par texte, en indiquant pour chaque règle le décret, l’arrêté ou la note de service qui la fonde. Quand la règle écrite et ce que rapportent les établissements ne coïncident pas, nous le signalons au lieu de retenir la version la plus commode.

Le brevet a changé de formule, pas de structure

Le décret du 10 avril 2025 et la note de service du 2 septembre 2025 ont refondu le calcul. Depuis la session 2026, la note finale du diplôme national du brevet est une moyenne sur 20 et non plus un total sur 800 points. Elle combine 40 % de contrôle continu et 60 % d’épreuves terminales, contre un partage à parts égales auparavant. Le seuil d’obtention ne bouge pas : 10 sur 20.

Le contrôle continu ne repose plus sur les huit composantes du socle commun, ce système de blocs de compétences que peu de familles parvenaient à décoder. Il additionne désormais les moyennes annuelles de toutes les disciplines obligatoires de troisième, toutes affectées du même poids. Les cinq épreuves terminales conservent leur forme, avec un ajustement notable : l’écrit d’histoire-géographie et d’EMC est scindé en deux notes distinctes, coefficient 1,5 pour l’histoire-géographie et 0,5 pour l’enseignement moral et civique.

Le changement le moins visible est aussi celui qui déplace le plus d’élèves. Les anciens points bonus d’option ont disparu ; une option facultative compte maintenant comme une discipline supplémentaire dans la moyenne du contrôle continu. Un élève à 13 de moyenne générale qui obtient 17 en latin gagnait autrefois des points forfaitaires ; il gagne aujourd’hui quelques dixièmes sur une moyenne diluée entre une douzaine de matières. Nous détaillons le calcul de la note du brevet, mention par mention, sur une page dédiée.

Le brevet ne conditionne pas le passage en seconde

C’est l’erreur la plus répandue dans les pages consacrées au collège, et elle circule encore en 2026. L’idée d’un brevet obligatoire pour entrer en seconde a bien été annoncée, en novembre 2024, dans le cadre du second volet du « choc des savoirs ». Elle n’a jamais été traduite dans un texte applicable, et l’Onisep comme la FCPE confirment que la décision revient toujours au conseil de classe. Un élève qui échoue au brevet passe en seconde si celui-ci le décide, comme avant la réforme.

La classe prépa-seconde, elle, existe pour de bon. Expérimentale depuis la rentrée 2024, elle est pérennisée à compter de la rentrée 2026. Elle propose une année intermédiaire à des élèves qui n’ont pas obtenu le brevet ou dont les acquis restent fragiles, avec 27 heures d’enseignement hebdomadaire, dont sept consacrées aux méthodes de travail et à la découverte des métiers. C’est une possibilité offerte, pas une sanction automatique. La distinction compte : elle change complètement la conversation qu’une famille aura en conseil de classe de troisième.

Deux cycles, quatre niveaux, et des heures qui ne sont pas toutes des cours

La sixième n’appartient pas au collège du point de vue des programmes : elle clôt le cycle 3, entamé en CM1, ce qui explique la continuité recherchée avec l’école élémentaire et l’existence d’heures de soutien en français et en mathématiques pour les élèves dont les besoins ont été repérés, dans la limite de deux heures hebdomadaires. La technologie a disparu de ce niveau depuis 2023. La cinquième, la quatrième et la troisième forment le cycle 4, celui où s’installent la deuxième langue vivante et, pour ceux qui la choisissent, l’option latin ou grec.

Les grilles horaires en vigueur réservent aussi du temps hors disciplines. Chaque niveau comporte au moins dix heures annuelles de vie de classe. L’accompagnement à l’orientation représente, à titre indicatif, douze heures annuelles en quatrième et trente-six heures en troisième, et la découverte des métiers peut commencer dès la cinquième. Ces heures préparent les décisions d’orientation prises en fin de troisième. Depuis la rentrée 2025, l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle s’applique à tous les niveaux. Ces volumes expliquent pourquoi deux collèges affichent des emplois du temps sensiblement différents à horaire disciplinaire identique : la marge d’organisation laissée à l’établissement se joue là, ainsi que sur les trois heures de dotation qui financent les groupes à effectifs réduits et les options.

Groupes de besoins : l’écart entre l’arrêté et les emplois du temps

Les textes issus du « choc des savoirs » prévoient une organisation du français et des mathématiques en groupes constitués selon les besoins des élèves : sur la totalité de l’horaire en sixième et en cinquième depuis la rentrée 2024, puis sous une forme allégée en quatrième et en troisième, où une heure hebdomadaire de soutien alterne entre les deux disciplines.

La réalité des établissements est plus dispersée. Une enquête du SNES-FSU menée dans plus de 1 400 collèges conclut que moins d’un établissement sur cinq applique effectivement le dispositif. Une évaluation de l’inspection générale rendue en juin 2025 va plus loin : là où les groupes ont été mis en place, ils n’ont pas profité aux élèves les plus en difficulté et ont pu creuser les écarts, à rebours de leur objectif affiché.

Plusieurs médias spécialisés ont annoncé début 2026 que le ministère envisageait de rendre le dispositif facultatif. Nous n’avons trouvé aucun texte publié en ce sens à la date de rédaction. Concrètement, la seule manière de savoir comment le français et les mathématiques sont organisés pour votre enfant est de poser la question au collège : la réponse varie d’un établissement à l’autre, et parfois d’un niveau à l’autre dans le même établissement.

Le téléphone reste rangé toute la journée au collège

L’interdiction du téléphone portable au collège date de 2018 et figure à l’article L511-5 du code de l’éducation. Elle vise tous les équipements terminaux de communication : téléphones, mais aussi montres connectées et tablettes. Ce qui a changé récemment, c’est le mode d’application. Le dispositif « Portable en pause », d’abord expérimenté par des établissements volontaires, a été généralisé à la rentrée 2025 : l’appareil est mis de côté à l’arrivée et ne ressort qu’à la sortie.

Chaque collège choisit sa modalité, en concertation avec la collectivité et les parents d’élèves. Casier collectif, pochette individuelle, consigne de rangement dans le sac : les trois solutions coexistent, et les sanctions applicables relèvent du règlement intérieur. Vérifiez la formulation exacte du vôtre avant d’acheter un accessoire, un casier ou une pochette : l’équipement n’est pas toujours à la charge de la famille.

À la rentrée 2026, l’interdiction est étendue au lycée. Une cohorte entière effectuera donc, pour la première fois, une scolarité complète sans téléphone en classe.

La circulaire de rentrée annonce une pause dans les réformes

Publiée quatre mois avant la rentrée, soit deux mois plus tôt que d’habitude, la circulaire MENE2612348C, parue au Bulletin officiel du 7 mai 2026, assume l’absence de nouvelle réforme structurelle et affiche deux priorités pédagogiques : l’acquisition du langage et celle du raisonnement scientifique. Le texte demande aux professeurs des écoles d’abandonner les exercices à trous au profit de la rédaction de phrases complètes, et pose le lexique comme le déterminant principal des inégalités scolaires.

Un passage mérite l’attention des familles de filles scolarisées au collège. La circulaire chiffre l’écart entre filles et garçons dans les parcours scientifiques : à peine plus de 40 % des élèves en spécialité mathématiques en terminale, 10 % en STI2D, moins d’un tiers des étudiants en écoles d’ingénieurs, moins de 20 % dans les filières de production au lycée professionnel. Elle invite explicitement les équipes à examiner leurs propres pratiques, y compris les appréciations portées sur les bulletins et les écarts entre les vœux formulés par les élèves et les décisions d’orientation. C’est une demande adressée aux personnels, pas une mesure opposable, mais elle donne un point d’appui concret pour discuter d’une orientation en conseil de classe.

Les nouveautés secondaires de l’année scolaire

Ce que nous n’avons pas pu vérifier

Trois points restent ouverts et méritent d’être signalés plutôt que comblés par une formulation prudente.

Cette manière de séparer le texte publié de son commentaire est la méthode que nous appliquons à chaque page. Une règle simple s’applique à toutes les informations qui circulent sur le collège, y compris celles réunies ici : une mesure n’existe qu’à partir du moment où un décret, un arrêté, une note de service ou une circulaire la porte. Une annonce ministérielle, aussi détaillée soit-elle, peut disparaître entre le communiqué et le Bulletin officiel. C’est exactement ce qui est arrivé au brevet obligatoire pour entrer en seconde.

Questions fréquentes

Le brevet est-il obligatoire pour entrer en seconde ?

Non. L’obligation a été annoncée en novembre 2024 dans le cadre du second volet du « choc des savoirs », mais elle n’a jamais été traduite dans un texte applicable. Le passage en seconde reste décidé par le conseil de classe, que l’élève ait obtenu le brevet ou non.

Les groupes de besoins en français et en mathématiques sont-ils appliqués partout ?

Non. Une enquête du SNES-FSU menée dans plus de 1 400 collèges conclut que moins d’un établissement sur cinq applique effectivement le dispositif. L’organisation retenue pour votre enfant se demande directement au collège.

Quand a lieu la rentrée scolaire 2026-2027 ?

Le mardi 1er septembre 2026 dans toute la France métropolitaine. Les vacances de la Toussaint courent du 17 octobre au 2 novembre 2026 et sont communes aux trois zones ; les congés d’hiver et de printemps diffèrent selon la zone.