Après la troisième, quatre voies possibles et une décision qui n’appartient pas au brevet

À la fin de la troisième, quatre trajectoires existent : la seconde générale et technologique, la seconde professionnelle, la première année de CAP et la classe prépa-seconde, désormais permanente. La décision d’orientation appartient au conseil de classe, pas au brevet : un élève qui échoue à l’examen peut entrer en seconde, et un élève qui l’obtient n’est pas dispensé du dialogue avec l’équipe. L’affectation dans un établissement précis est ensuite traitée par une procédure informatisée qui classe les vœux selon un barème académique. Ces deux étapes, orientation puis affectation, sont souvent confondues alors qu’elles n’obéissent pas aux mêmes règles.

Combien d’élèves prennent chaque voie

Selon la note d’information n° 25.64 de la DEPP, parue en novembre 2025, 61 % des élèves rejoignent une seconde générale et technologique, 22 % une seconde professionnelle, 11 % une première année de CAP et 2 % redoublent la troisième. Le taux de passage vers la seconde générale et technologique mesuré à la rentrée 2025 confirme l’ordre de grandeur, à 61,4 % contre 60,9 % un an plus tôt.

Deux chiffres de cette note méritent d’être connus avant un conseil de classe. Le premier : sur les 798 511 élèves de troisième générale de la rentrée 2022, 107 768 n’ont pas été admis au brevet, dont la note se calcule autrement depuis la session 2026, et 67 % de la cohorte se retrouvent malgré tout en seconde générale et technologique l’année suivante. Le second : 32 600 élèves, soit 4 %, quittent le système scolaire après le collège, et cette proportion monte jusqu’à 11 % pour les élèves de SEGPA. C’est le seul chiffre de cette page qui décrit un échec de l’orientation plutôt qu’un choix.

Orientation et affectation ne sont pas la même chose

La procédure repose sur l’arrêté du 19 juillet 2019 relatif aux voies d’orientation, le décret du 14 février 2024 sur l’affectation et la note de service du 5 décembre 2025 qui fixe le calendrier. L’orientation désigne la voie : générale et technologique, professionnelle, apprentissage. Elle se construit en deux temps, vœux provisoires au deuxième trimestre puis vœux définitifs au troisième, et se conclut par une décision du chef d’établissement après avis du conseil de classe. En cas de désaccord, la famille demande un entretien, puis peut saisir une commission d’appel, dont la décision se substitue à celle du chef d’établissement.

L’affectation désigne l’établissement et, en voie professionnelle, la spécialité. Elle est traitée par une procédure informatisée qui classe les candidatures selon un barème : résultats scolaires convertis en points, zone géographique de résidence, situation sociale, parfois avis pédagogique pour les formations à recrutement particulier. Deux élèves peuvent obtenir la même décision d’orientation et une affectation différente. La sectorisation, qui rattache une adresse à un lycée, relève des règles académiques et non du collège.

La seconde générale et technologique

C’est la voie choisie par un peu plus de six élèves sur dix. Elle est commune à tous les élèves pendant un an, avant le choix des spécialités en première pour la voie générale ou d’une série pour la voie technologique. Le seul choix réellement engageant en fin de troisième concerne les enseignements optionnels et, dans certains lycées, les sections particulières : internationale, binationale, sportive, artistique. Ces sections ont leurs propres modalités de candidature, avec un dossier à déposer dès le mois de mars. Tous les élèves de seconde générale et technologique effectuent par ailleurs une séquence d’observation en milieu professionnel de deux semaines, pendant la seconde quinzaine de juin.

Une nouveauté touche les élèves qui entreront en seconde en 2026 : l’épreuve anticipée de mathématiques en première, annoncée dans les nouveautés de l’année scolaire 2026-2027. Elle ne change rien à l’orientation en fin de troisième, mais elle modifie l’horizon d’un élève qui hésite à consolider ses bases en mathématiques pendant l’année de seconde.

La voie professionnelle et le CAP

La seconde professionnelle mène au baccalauréat professionnel en trois ans et concerne 22 % des élèves à la sortie de la troisième. Le CAP, choisi par 11 % d’entre eux, se prépare en deux ans et vise une entrée plus rapide sur le marché du travail, sans fermer la poursuite d’études : un titulaire de CAP peut entrer en première professionnelle. Les deux peuvent se suivre sous statut scolaire ou en apprentissage, ce qui suppose dans le second cas de trouver une entreprise, une démarche à engager tôt et qui ne relève pas de l’affectation scolaire.

La transformation de l’enseignement professionnel figure parmi les priorités affichées par le ministère pour 2026-2027, dans le cadre d’un plan interministériel consacré à l’emploi des jeunes, avec un accent sur la découverte des métiers dès le collège. Concrètement, la découverte des métiers peut commencer dès la cinquième, et l’accompagnement à l’orientation représente un volume horaire annuel indicatif de douze heures en quatrième et trente-six heures en troisième.

La classe prépa-seconde

Expérimentale depuis la rentrée 2024, la classe prépa-seconde est pérennisée à partir de la rentrée 2026 selon le dossier officiel des nouveautés de la rentrée, ce qui en fait l’une des rares mesures du collège passées de l’annonce au texte. Elle s’adresse notamment aux élèves qui n’ont pas obtenu le brevet et propose une année supplémentaire pour consolider les acquis du collège avant d’entrer en seconde. L’horaire est de 27 heures hebdomadaires, auxquelles s’ajoutent dix heures annuelles de vie de classe.

Quatre conditions doivent être réunies simultanément, et elles sont peu connues : l’élève doit avoir été admis en seconde générale et technologique, en seconde STHR ou en seconde professionnelle ; ne pas avoir obtenu le brevet ; avoir été identifié par l’équipe pédagogique comme susceptible d’en tirer parti ; être volontaire. Les familles concernées sont informées avant le dernier conseil de classe de troisième et indiquent alors si elles souhaitent cette solution en cas d’échec au brevet. L’admission est notifiée juste après les résultats.

Deux limites méritent d’être posées franchement. La première : cette classe est proposée, pas imposée, puisque le brevet ne conditionne pas le passage en seconde. La seconde : elle n’est pas ouverte partout, et sa disponibilité dépend de la carte des formations de l’académie. Demandez au collège si un établissement du secteur en accueille une avant de l’envisager comme une option réelle.

Le calendrier d’une année de troisième

Un point d’appui pour discuter d’une orientation

La circulaire MENE2612348C, parue au Bulletin officiel du 7 mai 2026, demande aux équipes d’examiner les écarts entre filles et garçons dans les parcours scientifiques et technologiques, et cite parmi les leviers à observer les appréciations portées sur les bulletins ainsi que la différence entre les vœux formulés par les élèves et les décisions d’orientation prononcées. Les chiffres qu’elle avance sont nets : moins d’un tiers des étudiants en écoles d’ingénieurs sont des étudiantes, et la proportion tombe à 10 % en spécialité STI2D au lycée.

Ce n’est pas une règle opposable et cela ne crée aucun droit nouveau, et nous le signalons parce que distinguer un texte d’une intention est le principe de ce site. C’est en revanche une demande écrite du ministre, publiée au Bulletin officiel, qu’une famille peut citer si l’avis d’orientation de sa fille lui paraît en décalage avec ses résultats. Un texte connu vaut mieux qu’un argument général sur l’égalité.