Comment se calcule la note du brevet depuis la réforme

La note finale du diplôme national du brevet est une moyenne sur 20. Elle additionne 40 % de contrôle continu, c’est-à-dire la moyenne annuelle de toutes les disciplines obligatoires de troisième, et 60 % d’épreuves terminales pondérées par des coefficients. Le diplôme est délivré à partir de 10 sur 20. Le total sur 800 points et les huit composantes du socle commun ont disparu avec la session 2026. Un élève qui a 13 de moyenne à l’année et 11 aux épreuves obtient 11,8 : il lui manque deux dixièmes pour la mention assez bien.

Les deux blocs de la note

Les modalités sont fixées par le décret du 10 avril 2025 et la note de service du 2 septembre 2025. Le contrôle continu pèse 40 %. Il retient la moyenne annuelle de chaque discipline obligatoire suivie en troisième, toutes au même coefficient : le français ne compte pas plus que les arts plastiques, l’EPS pas moins que les mathématiques. C’est un changement de logique par rapport à l’ancien système, qui évaluait huit blocs de compétences sur 800 points et dont le calcul restait opaque pour la plupart des familles. Cette réforme fait partie des mesures réellement entrées en vigueur au collège, contrairement à d’autres annonces de la même période.

Les épreuves terminales pèsent 60 %. Elles sont au nombre de cinq, notées sur 20 et affectées de coefficients distincts.

Le français, les mathématiques, les sciences et la soutenance orale de projet comptent chacun pour un coefficient 2. L’histoire-géographie pèse 1,5 et l’enseignement moral et civique 0,5, ce qui porte la somme des coefficients à 10. Les quatre premières sont des écrits, sauf la soutenance, qui est orale ; l’épreuve de sciences porte sur deux disciplines.

L’histoire-géographie et l’EMC restent une seule épreuve écrite mais donnent lieu à deux notes séparées, avec des coefficients très inégaux. Un devoir d’EMC raté coûte peu ; il n’en reste pas moins que la somme des coefficients atteint 10, ce qui rend l’arithmétique lisible.

La formule, appliquée à un exemple

La note finale s’obtient en multipliant la moyenne du contrôle continu par 0,4, la moyenne pondérée des épreuves par 0,6, puis en additionnant les deux résultats. Avec 13,0 de contrôle continu et 11,0 aux épreuves : 13,0 × 0,4 donne 5,2, et 11,0 × 0,6 donne 6,6. Le total atteint 11,8 sur 20, soit un diplôme obtenu sans mention.

Cet exemple illustre l’effet réel de la réforme, et il montre au passage combien les seuils de mention sont serrés : deux dixièmes séparent ce candidat de la mention assez bien. Avant 2026, contrôle continu et épreuves se valaient. Le déplacement de dix points de pourcentage vers l’examen signifie qu’un bon dossier annuel amortit moins bien une mauvaise journée de juin. Prenons le cas inverse : 15 de moyenne à l’année et 10 aux épreuves donnent 12,0, soit tout juste la mention assez bien, là où l’ancien partage aurait donné 12,5.

Les mentions et ce qu’elles ouvrent

Le diplôme est délivré à partir de 10 sur 20. Les seuils suivants ouvrent la mention assez bien à 12, la mention bien à 14, la mention très bien à 16, et les félicitations du jury à 18.

La mention la plus haute est une création récente. La FCPE y voit le signe d’un examen qui glisse vers une logique de sélection calquée sur le baccalauréat, alors que le brevet a d’abord vocation à valider des acquis. Le débat n’est pas tranché, mais le fait est là : une mention peut ouvrir droit à une bourse au mérite, sous conditions de ressources et selon des dispositifs académiques qui varient d’un territoire à l’autre, et elle pèse dans un dossier déposé auprès d’un lycée à recrutement particulier, dont les modalités de candidature après la troisième sont fixées par les établissements eux-mêmes.

Les options ne rapportent plus de points bonus

C’est le point que les simulateurs anciens continuent de calculer faux. Le latin, le grec, une langue régionale, le chant choral ou la langue des signes ne donnent plus de points forfaitaires ajoutés au total. Les points au-delà de 10 sur 20 obtenus dans un enseignement facultatif entrent dans la moyenne du contrôle continu, comme une discipline de plus.

L’effet est réel mais modeste. Un élève à 13 de moyenne générale qui décroche 17 en latin fait remonter sa moyenne de contrôle continu d’environ trois dixièmes selon le nombre total de disciplines, ce qui représente à peu près un dixième sur la note finale une fois le coefficient 0,4 appliqué. Il faut donc choisir une option pour ce qu’elle apporte, pas pour ce qu’elle rapporte.

Les situations particulières

Deux points que les simulateurs ignorent

Le premier tient à l’harmonisation. Les modalités d’attribution prévoient des commissions académiques chargées de réduire les écarts de notation du contrôle continu entre établissements. Une moyenne de bulletin n’est donc pas nécessairement la moyenne retenue au bout de la chaîne, et l’ampleur des ajustements n’est pas publique.

Le second tient au périmètre. Le contrôle continu ne porte plus que sur l’année de troisième, et les épreuves terminales suivront le même resserrement à partir de la session 2027. La FCPE souligne que l’évaluation ne couvre plus l’ensemble du cycle 4, c’est-à-dire la cinquième et la quatrième. Pour un élève dont les résultats se sont redressés tard, c’est une bonne nouvelle. Pour un élève qui décroche en cours de troisième, la marge de rattrapage est plus courte qu’avant.

Le calendrier des épreuves

Les épreuves écrites se tiennent fin juin, sur trois journées depuis la réforme, contre deux auparavant. Les dates nationales sont publiées au printemps et figurent sur la convocation individuelle, seul document qui fasse foi pour le lieu, l’horaire et le matériel autorisé. La soutenance orale est organisée par l’établissement dans une fenêtre fixée par l’académie, généralement entre avril et juin. Les résultats tombent dans la première quinzaine de juillet. Les textes qui fondent chacun de ces chiffres sont listés dans notre relevé de sources, avec leur date de consultation.